Éléments de défense intellectuelle face à une accusation féministe abusive

Pêle-mêle, une liste d’arguments qu’il peut être utile de considérer lorsque l’une des accusations féministes listées vous est balancée à tort.
Attention, la pertinence de l’accusation, comme celle du contre-argument, dépend évidemment du contexte. Il n’existe pas sur cette page de vérité absolue, sauf mention contraire.

Pour éviter des débats sans fin en commentaire, je les ai désactivés. Envoyez vos remarques argumentées et lettres d’insultes par email, en sachant qu’il y a un risque que je les publie.


« Les femmes sont forcées par les hommes à se faire belles, s’épiler, se maquiller, et prendre soin d’elles. »

Source: tout média à buzz du 21ème siècle, exemple

Bien que cela puisse être le cas dans certains couple à l’homme particulièrement exigeant, considérons aussi que souvent:

  • une femme s’impose la coquetterie par elle même, par envie de plaire à (voir séduire) un homme ou un groupe, par peur d’être exclue voire rejetée par lui. (Rejetée parce qu’elle n’arrive plus à lui plaire, pas parce qu’elle n’aurait pas respecté une contrainte qu’il impose, j’entends.) Solution: Découvrez vous (ou créez vous) d’autres talents que le physique et apprenez à les mettre en avant.
  • certaines femmes s’imposent la coquetterie par jalousie d’une ou plusieurs autres femmes. Solution: Cessez de vous comparer aux autres. Sachez et développez ce qui vous donne de la valeur à vous personnellement. Si vous ne trouvez rien, battez vous pour qu’il y ait quelque chose.
  • il arrive régulièrement qu’une femme aie une impression d’exigence de la part d’un homme, alors qu’en fait non, il n’exige rien. Solution: Arrêtez de vous faire belle, tout simplement, il y a de grandes chance pour que rien ne change dans votre vie. Si quelque chose change, identifiez la cause, et résolvez là (cf deux points précédents).

Notez bien que ces conseils sont évidemment facultatifs : personne n’a dit que c’était « mal » de prendre soin de soi. Vous avez le droit de vous forcer à être belle, cessez juste de rejeter l’obligation sur le patriarcat et les méchants hommes, il y a d’autres causes indépendantes d’eux.

Je n’exige pas de ma petite-amie qu’elle se coiffe, se maquille, ou s’épile : elle a suffisamment d’esprit pour me plaire autrement ! Evidemment, j’apprécie quand même qu’elle le fasse : il s’agit là d’une attention de sa part, ça n’a rien à voir avec la forcer. J’ai peut être pu par le passé demander à des filles d’être belles une fois ou deux, mais plus par curiosité que par « exigence vis à vis de mon honorable personne ».

Si un homme menace de vous quitter parce que vous n’êtes pas assez belle pour lui, je vous invite à requestionner rationnellement les raisons qui vous poussent à rester ensemble. En général, partez, et vous verrez que le patriarcat ne vous retiendra pas.


« Dans une société patriarcale ou c’est les hommes qui décident, c’est difficile de se faire entendre quand t’es une femme »

Oui, mais. La remarque est vraie, le problème vient du fait que souvent l’auteur(e) de la remarque pense que notre 21ème siècle en France est une société patriarcale. Et c’est ce point là qui est très discutable.

  • Oui, défendre son avis est difficile quand on est une femme face à une armée d’hommes (comme l’inverse d’ailleurs, mais ce n’est pas le sujet). La remarque est donc pertinente dans une réunion d’ingénieurs, ou face à une hiérarchie (encore) majoritairement composée d’hommes.
  • Par contre, c’est faux dans les métiers ou les femmes sont maintenant bien représentées. C’est faux dans la sphère artistique. C’est faux en politique et dans l’administration publique, ou la parité est même devenue la seule raison justifiant la montée en grade de certaines femmes.
  • C’est également faux dans la sphère médiatique, ou si vous avez quelque chose à dire, vous serez écoutée si et seulement si ça peut faire le buzz, indépendamment de votre genre (n’assimilez pas toute les difficultés à de la discrimination liée au genre). Vous avez donc beaucoup plus de facilité à vous exprimer pour dire un truc féministe qu’un homme pour dire un truc conservateur.
  • En 2019 (année de rédaction), mais même depuis 2010, les gens défendant le modèle patriarcal (La famille unie avec père chef de famille, responsable de l’apport financier et responsable du comportement de ses membres) sont devenus minoritaires, en particulier dans les milieux intellectuels. Donc se plaindre en 2019 que « la société patriarcale c’est dur pour une femme« , c’est de la malhonnêteté intellectuelle : personne ne défend votre discrimination et nombreux sont ceux qui essaient de vous aider.
    Il y a aussi ceux qui disent « une minorité c’est encore trop, il faut éradiquer cette idée jusqu’à zéro » : ça s’appelle être extrémiste dans son idéologie. Qui êtes vous pour que votre avis personnel vaille plus que les autres ? La majorité a-t-elle toujours raison ? Une minorité a le droit de penser, elle n’a pas d’influence gigantesque sur la société, et le combat est fini depuis bientôt 10 ans maintenant.

« Il y a un plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder à des postes à haute responsabilité. »

Il est nécessaire de comprendre comment font les hommes pour se retrouver dans des postes à responsabilité. Plusieurs cas se présentent:

  • Un homme fonde une société, et en prend la tête.
    Je constate une présence féminine d’anecdotique à nulle dans les associations techniques et scientifiques que j’ai pu croiser en école d’ingénieur et à l’université, en particulier dans les milieux liés à l’informatique, pourtant propices aux idées de start-ups. Il y a très peu de filles nerds. Désolé pour le jugement de valeur, mais avec cette donnée, j’infère que beaucoup de femmes n’ont pas l’envie (ou pas la force) de s’investir pour un projet pendant leurs études (ce qui implique de transpirer et de se battre, de travailler les soirs et la nuit en plus des études au lieu de sortir avec les copains). Elles sortent donc diplômées mais sans cette expérience. Evidemment, cela favorise les hommes qui l’ont, par rapport aux femmes, comme par rapport à tous ceux qui n’ont pas essayé de travailler par passion sur un projet technique. Il ne s’agit pas de discrimination. Solution: Passionnez vous pour quelque chose, d’utile si possible. Trouvez vous une bonne idée, soyez entrepreneuse, et fondez votre société. Ou sachez valoriser vos expériences personnelles de transpiration sur des projets. C’est comme ça qu’on accède à un poste.
  • Un homme vole une idée et la lance à la place de son auteur(e).
    On entend souvent que les hommes volent les idées des femmes pour en récupérer le mérite. Si ça a pu se vérifier dans certains cas restés célèbres (Franklin pour ne citer qu’elle), il est important de comprendre que les hommes volent les idées de tout le monde, pas que des femmes. D’ailleurs, tout le monde vole les idées de tout le monde. En général, être celui qui finit à la tête du business relève 1) de la chance 2) de la combativité. Il faut juste vous défendre un peu plus dans le milieu entrepreneurial, qui est un monde de loups, comme les hommes doivent le faire aussi.
    Il est vrai qu’avec des taux de testostérone plus élevés, les hommes sont peut-être avantagés ici. Solution: Exacerbez votre autorité et votre combativité. Cessez de douter de vous, n’attendez pas avant de vous lancer que quelqu’un vous pique vos idées. Sachez aussi vous méfier de vos amis intelligents et pas forcément si bien intentionnés. Il est amusant de constater que ce conseil est gender-free : il marche aussi pour les hommes mous, qui eux aussi se sont aussi fait piquer pas mal d’idées.
  • Un homme est élu pour diriger/présider.
    Sauf biais patriarcal resté chez quelques électeurs (en 2019, ils ne sont PLUS la majorité, je suis désolé), il n’y a pas de raison que vous soyez pénalisée en tant que femme si vous ne doutez pas de vous et que vous montrez aussi bien votre compétence que vos adversaires. Solution: travaillez votre confiance en vous, ne doutez pas, et sachez prendre des risques. Ne cherchez pas à faire campagne par la séduction (on les connait les photos anormalement joviales sur les CV), ça vous décrédibiliserait. Votre pire ennemi, c’est votre propre syndrome de l’imposteur.

« Oui mais une femme a forcément plus de mal à s’investir à fond dans son travail, en général, elle doit s’occuper de la maison et des enfants le soir en rentrant ! »

C’est une excuse. Mauvaise qui plus est. Toute personne rationnelle doit savoir organiser son temps et faire des croix sur ce qui déborde. Une femme (comme un homme) qui souhaite s’investir dans son travail doit se prévoir du temps pour ça dans l’emploi du temps. Solution: Sachez estimer vos capacités et sachez faire des choix. (Et évidemment, sachez communiquer efficacement avec votre conjoint)

  • Votre organisation de couple sur les taches ménagères et l’éducation des enfants est à définir avant de vous lancer, homme comme femme.
  • Ne voulez pas tout en même temps : il est mathématiquement impossible d’avoir des enfants + un grand logement propre et rangé + deux parents très occupés. Il faut faire un choix.
    Si madame veut un poste élevé, monsieur peut renoncer. Ou l’inverse. Ou choisir un logement qui demande peu d’entretien. Ou ne pas avoir d’enfants.

J’entends souvent que « maintenant qu’on les a, les enfants, le mari occupé, et la grosse maison, y’a plus vraiment le choix. »
C’est vrai. D’où l’importance de réfléchir, se former, lire des bouquins, et se poser ces questions là entre 15 et 20 ans. Je suis choqué du nombre de jeunes que je croise (encore une fois, en particulier les filles, désolé) qui se laissent vivre sur ces questions. Les réponses tomberont toutes seules oui, mais uniquement le jour ou vous n’aurez plus le choix.


« Les hommes sont des obsédés qui n’ont qu’une chose en tête. Impossible de rencontrer quelqu’un qui me respecte ! »

Souvent, une femme qui fait cette remarque a été blessée par une succession de plusieurs mauvaises expériences lors de (premières) rencontres avec des hommes, qui ne se prêtent pas assez au jeu de la séduction.

Il est important de se souvenir que nous sommes biaisés dans nos rencontres, y compris amoureuses (ou éventuellement purement sexuelles): nous ne testons que les personnes que nous fréquentons.

  • Il faut se souvenir que « qui se ressemble s’assemble ». Les hommes intelligents, cultivés, raffinés, qui ont de la conversation, de l’humour, et du génie existent. Ils rodent dans le milieu social des gens intelligents, cultivés, et géniaux. Si tu n’en rencontre pas, peut être que c’est parce que toi, tu ne fréquentes pas ce milieu. Ils ne chassent pas forcément sur les mêmes territoires que toi.
  • Les hommes de valeur sont rares, ils ont donc de nombreuses propositions, et ils ne viendront pas te chercher dans ton canapé devant Netflix.
  • Encore faut-il les intéresser. Même en fréquentant le même milieu social, si tu es vulgaire et stupide, ils ne te regarderont pas (note que je n’ai pas dit « moche », ce n’est PAS le critère pertinent). Pense à élever ta valeur intrinsèque pour leur correspondre, ou résigne toi à te satisfaire des beaufs-de-base-qui-veulent-baiser.
  • Cas particulier: les femmes très attirantes physiquement, qui sont trop souvent repérées et marquées comme cibles-à-déshabiller même par des gars bien, parce que la curiosité les y pousse (bien plus que la libido de base). Solution: Soyez consciente de votre valeur physique, et travaillez aussi vos autres valeurs pour vous attaquer à des gars encore mieux. Vous avez le potentiel d’être l’élite, la femme douée sur tous les plans y compris celui qu’on ne choisit pas (le physique), vous devriez tenter d’y arriver.